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MANUSCRITS ET ARTICLES OUBLIÉS D'AKIBA TAKASHI, Alexandre Guillemoz

Le Japonais Akiba Takashi 秋葉 隆 (1888-1954) fut l'un des grands spécialistes des études coréennes des années 30. Professeur de sociologie et d'ethnologie à l'Université impériale de Keijô [Séoul], il quitta la péninsule peu après la libération de la Corée, en août 1945. A Séoul, certains ethnologues coréens rapportent qu'il n'aurait pas pu emporter ses notes avec lui et qu'il aurait emprunté les documents d'un collègue japonais pour publier, au début des années 50, Chôsen fuzoku no genchi kenkyû 朝鮮巫俗の現地研究 [Etudes de terrain sur le chamanisme coréen], puis Chôsen minzoku shi 朝鮮民俗誌 [Etudes d'ethnographies coréennes].

Au printemps de l'année 1 977, je reçus à Paris une lettre de Ch'oe Kwônhaeng 崔權幸 l'un de mes anciens étudiants à l'Université nationale de Séoul. Sa lettre contenait deux manuscrits d'Akiba Takashi sur le chamanisme coréen (une vingtaine de pages au total) et disait : "II y a quelque temps, je suis entré par hasard dans une boutique de livres d'occasion et j'y ai trouvé des manuscrits d'Akiba Takashi qui enseignait à l'Université impériale de Keijô [Séoul]. Il me semble avoir vu un livre de lui dans votre maison. Je me suis demandé si cela ne pourrait pas vous être utile." Ces textes m'intéressaient et je reçus à l'automne, "par bateau", un paquet ordinaire contenant de vieux papiers jaunis. Ch'oe Kwônhaeng avait acheté ces documents, ficelés ensemble, pour une somme équivalant à 100 FF. (1989), chez un bouquiniste à Séoul, Sôdaemun-gu, Yônnam-dong. Ce bouquiniste, qui était le seul de sa rue, était installé là depuis peu et semble avoir disparu quelque temps après.

Je ne savais trop que faire de ce gros paquet de cinq cents pages. Je le rangeai dans un coin, mais il ne cessait de me questionner au fil des ans : "Moi qui ai fait la moitié du tour de la terre pour venir ici, semblait-il me dire, que vas-tu faire de moi ?" J'ai pensé un moment remettre ces documents aux descendants d'Akiba Takashi, mais j'appris qu' Akiba Takashi, mort en 1954, n'avait eu que deux filles, peu concernées par l'ethnologie coréenne. Un chercheur coréen, Ch'oe Kilsông 崔吉城 s'intéressait à lui, mais mes efforts pour le rencontrer restèrent vains. Sur ces entrefaites, j'appris un peu de japonais. Au printemps 1986, Madame Sin Yôngja 申榮子 vint à Paris et m'aida à déchiffrer ces documents (495 pages au total).

Je me propose ici de les classer, de traduire leur titre, de faire une rapide évaluation de leur contenu, dans un style qui pourra paraître parfois "télégraphique", d'examiner d'une manière plus approfondie ceux concernant le chamanisme coréen et de les comparer aux titres des écrits publiés. J'espère ainsi, ayant accompli mon devoir envers un aîné, que ce paquet ne me posera plus de questions. Ne dit-on pas, aux deux coins de l'Eurasie, que les objets aussi ont une âme ?

Ces documents sont répartis en deux sections : les imprimés (IM) au nombre de douze (114 p.) et les manuscrits (MA) au nombre de vingt-trois (381 p.). Les trente-cinq liasses, constituées à l'aide de trombones dans la plupart des cas, ont été gardées intactes, même lorsqu'elles comportaient des documents distincts, car elles correspondent, probablement, à un groupement voulu par l'auteur. Les manuscrits sont classés en tenant, principalement, compte de l'intérêt qu'ils présentent pour les études coréennes. Enfin, on trouvera à la fin de ce rapport des indications bibliographiques concernant les publications d'Akiba Takashi et une brève évaluation de la valeur de ces documents.
Des problèmes se posent pour la transcription des termes coréens indiqués par Akiba Takashi. Généralement, ce dernier les note en caractères chinois pour leur sens et en syllabaire japonais (katakana principalement) pour leur valeur phonétique. Il emploie rarement l'alphabet coréen. Pour transcrire les termes vernaculaires en alphabet romain, je les rétablis d'abord en coréen, puis je les transcris selon le système de transcription du coréen de McCune-Reischauer. Lorsque les notations en syllabaire japonais sont impuissantes à rendre compte de la variété des sons coréens, avant de transcrire, je rétablis la prononciation en coréen standard d'après le Kugô tae sajôn 國語大辭典 - [Grand dictionnaire de la langue coréenne] de Yi Hùisùng 李熙昇 (1971) ou, lorsque le terme est absent du dictionnaire, d'après celle qui est courante dans le milieu des spécialistes du chamanisme coréen. Par exemple, dans MA3 (B. Rites occasionnels, 1. kut de descente), Akiba Takashi écrit ホジュクシ, hojukushi. Je rétablis en coréen 허주굿 et je transcris hôju kut. Le mot suivant est composé de deux caractères chinois j^M qui sont employés, à la manière japonaise, pour indiquer le sens avec comme prononciation en katakana クングシ, kungushi. Je rétablis en coréen 큰굿 et je transcris k'ùn kut (grande séance chamanique). Les mots japonais ont été transcrits selon l'orthographe de l'époque.

En guise d'introduction à la lecture de ces documents, il me semble utile de présenter les grandes lignes de sa carrière, en m'appuyant principalement sur une note biographique, rédigée par Ch'oe Kilsông et contenue dans l'ouvrage d'Akiba Takashi édité en Corée (1983: 737) :

1888, 15 oct. Naissance dans la préfecture de Chiba, Yamatake-gun, Futagawamura, Sakai 205.
1901, 31 mars. [12 ans] Diplômé de l'école primaire attachée à l'école normale préfectorale de Chiba (cours réguliers) 
1914, 31 mars. [26 ans] Diplômé du lycée de l'école normale de Tôkyô (section d'anglais).
1917, 31 mars. [28 ans] Cours préparatoire de l'Ecole des langues étrangères (allemand).
1921, 31 mars. [32 ans] Diplômé de l'Université impériale de Tôkyô, Faculté de littérature, section de sociologie.
1922, 31 mars [33 ans] - 1924. 1-mai [35 ans]. "Graduate School" de l'Université impériale de Tôkyô (recherches sur les institutions familiales).
1924, 10 oct. [35 ans] Chargé de conférence à l'Université impériale de Keijô [Séoul], section de propédeutique. Voyage pendant un an et dix mois en France, en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis pour étudier la sociologie et l'ethnologie.
1926, 1er avril. [37 ans] Maître-assistant à l'Université impériale de Keijô.
1928, 18 avril. [39 ans] Professeur à l'Université impériale de Keijô.
1938, 10 déc. [50 ans] Cours de sociologie à l'Université impériale de Kyûshû.
1942, 1er mai. [53 ans] Directeur du musée de l'Université impériale de Keijô.
1943, 25 mai. [54 ans] Docteur es lettres de l'Université impériale de Tôkyô pour une thèse intitulée Chôsen fuzoku no genchi kenkyû 朝鮮巫俗の現地研究 [Etudes de terrain sur le chamanisme coréen].1
1945, 7 mai. [56 ans] Président du comité d'administration de la bibliothèque de l'Université impériale de Keijô.
1945, 5 juin. [56 ans] Attaché à l'Institut des recherches scientifiques sur les ressources du continent.
1945, 15 août. Libération de la Corée, retour au Japon.
1946, 8 fév. [57 ans] Cours de sociologie à l'Université de Kyûshû.
1949, [60 ans] Professeur de sociologie à l'Université d'Aichi.
1950, Professeur de coréanologie à l'Université de Tenri et de sociologie à l'Université d'Aichi.
1954, [63 ans] Décès.

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MA07, Sans titre

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