[C.2.2.] Les Chants du Monde du Travail [1930]

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Après « La Voix des Nôtres », série de discours centrée sur la doctrine et l’histoire de la SFIO, « Les Chants du Monde du Travail », deuxième série Ersa, est publiée entre août et septembre 1930 avec le concours de Jean Louis et d’Henri Radiguer, Directeur de l’École municipale de musique de Suresnes. « Les Chants du Monde du Travail » est la première série Ersa entièrement musicale. Comme son aînée, sa composition la présente comme un couteau-suisse de la propagande sonore, cette fois par la chanson, et montre qu’elle vise une formation militante, cette fois portée sur le plan de l’esthétique musicale, à l’histoire, à la vie présente, et à la socialisation engagée dans le cadre du Parti socialiste.

« Les Chants du Monde du Travail » fait entendre trente chants et chansons, qu’un article de promotion paru dans Le Populaire du 7 août 1930 classe en trois catégories : « chants de nos pères », « chants de propagande », « chants de fêtes ». Trois temps du militantisme sont ainsi visés : celui de l’ancrage de l’engagement dans la mémoire et l’histoire ; celui de la publicisation de cet engagement pour augmenter les effectifs du parti ; celui de la célébration, ou du moins d’une socialisation militante détendue. Ce faisant et pour la première fois au cours des années 1930, Ersa investit avec minutie la musique pour porter la politique sur le terrain de l’esthétique, et lui faire gagner un bénéfice précieux : celui d’un engagement motivé par une émotion.

Un autre enjeu de cette série est similaire à celui qui apparaissait, dès 1909, comme un des principaux motifs de la publication des disques socialistes APGA : faire sonner des chants partisans dans les moments de sociabilité militante en lieu et place de chants non partisans, perçus comme nuisibles par les instances de la SFIO. Selon les articles présentant la série dans Le Populaire, « Les Chants du Monde du Travail » participent à une nouvelle bataille esthétique et morale, mais doivent aussi représenter un moyen d’attirer des sympathisants, voire de retourner des adversaires de la SFIO en sa faveur, par la seule beauté de la musique : à son écoute, celle-ci imposerait son admiration et lèverait des réticences rationnelles, critiques, par le charme et l’émotion. Ce mode de communication politique devient de plus en plus présent dans les disques politiques à mesure que l’on avance dans le temps des années 1930.

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