Les Réveillées: ethnographies musicales des territoires français et francophones (1939-1984)

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[Image du bandeau: entourée de la famille Marquefave, Maguy Andral enquête sur le jeu de l'accordéon diatonique auprès de Gabriel Piotton, 1965, Le Chourd, Landes, cliché Pierre Soulier, Mucem, ph1966-099-068, photographie provenant de la sous-collection LR26.2 ]

Les archives multimédias qui forment le corpus appelé "Les Réveillées" proviennent des recherches effectuées de 1939 à 1984 par Claudie Marcel-Dubois (1913-1989) et Maguy Pichonnet-Andral (1922-2004), souvent accompagnées sur le terrain par une personnalité locale, puis, dans les années 1960, par un ethnomusicologue "apprenti". En effet, les deux chercheuses CNRS fondatrices de l'ethnomusicologie du domaine français, dont les carrières ont eu pour cadre le Musée National des Arts et Traditions Populaires (MNATP), ont aussi animé, à partir de 1961, le premier séminaire de recherche dédié à l'ethnomusicologie, organisé à la VIe section de l'EPHE puis à l'EHESS.

De la "mission de folklore musical en Basse-Bretagne" (1939) à l'enquête sur le Carnaval de Basse-Terre (Guadeloupe, 1984), les deux chercheuses membres du Centre d'ethnologie française (CNRS) n'ont cessé d'étudier les pratiques musicales des anciens milieux ruraux, en métropole comme en outremer. Elles ont de ce fait accumulé une documentation considérable.

Le corpus "Les Réveillées" comprend une grande part de cette documentation: environ 38.000 documents répartis en fichiers sonores (plus de 9.000), photographies (6.953) et archives textuelles (21.967 vues), auxquels s’ajoute un film noir/blanc et muet d’une vingtaine de minutes tourné en 1939 (réparti en 21 séquences).
Certains fichiers son ou image n'ont pu être numérisés: une notice les concernant a néanmoins été créée.

L'appellation "Les Réveillées", qui correspond particulièrement à ces archives restées longtemps "en sommeil" dans les réserves du musée où leur accessibilité au public était mal aisée, fait référence à un type de chants présents dans de très nombreuses régions. Une réveillée est un chant de quête entonné la nuit ou aux petites heures du jour, durant la Semaine sainte ou le matin de Pâques. La première réveillée a avoir été collectée figure dans l'enquête en Haute-Loire de 1946.

Comme toutes les archives administratives et scientifiques du MNATP, les dossiers des enquêtes ethnomusicologiques et les enregistrements sonores effectués dans ce contexte ont été versés aux Archives nationales en 2013 (versements 2013007 et 20130043, accessibles dans la Salle des inventaires virtuelle), tandis que le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem), à Marseille, a hérité des photographies et des nombreux instruments de musique et objets sonores que Marcel-Dubois et Pichonnet-Andral avaient recueillis sur le terrain ou fait acquérir auprès de facteurs en activité.

Le transfert du corpus des Réveillées, avec les métadonnées associées, dans l'entrepôt de données Didόmena de l'EHESS a été préparé depuis 2016 par une équipe mixte IIAC (Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain, UMR 8177) – Pôle numérique recherche (Direction des systèmes d'information de l'EHESS). Florence NEVEUX, chargée de ressources documentaires au IIAC, a travaillé à la conception du dispositif numérique et a assuré la coordination technique du projet, de mai 2016 à février 2020. Marie-Barbara LE GONIDEC, chercheuse au IIAC (équipe LAHIC) de septembre 2013 à décembre 2020, actuellement membre du laboratoire "Héritages" (UMR 9022, CNRS - Paris Cergy Université), et François GASNAULT, chercheur au IIAC (équipe LAHIC) de septembre 2013 à septembre 2019, aujourd'hui membre du laboratoire InVisu (UAR 3103, CNRS – INHA), ont dirigé les opérations de constitution et de structuration du corpus. Ils continuent d'en assurer la direction scientifique et la gestion. La mise en ligne des données est intervenue début mars 2021 sous leur responsabilité conjointe.

INFORMATIONS IMPORTANTES

1 - Ce site rend accessibles les copies numériques d'archives publiques constituées dans le cadre des enquêtes ethnomusicologiques des chercheurs du centre d’ethnologie française (musée national des arts et traditions populaires). Toutefois est différée la mise en ligne des documents qui ne deviendront légalement communicables qu’à l’expiration du délai de 50 ans fixé par l’article L213-2 du code du patrimoine. Ces documents, très rares, sont ceux dont la communication peut porter "atteinte à la sécurité des personnes ou à la protection de la vie privée", qui "portent une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée", ou encore qui "font apparaître le comportement d'une personne dans des conditions susceptibles de lui porter préjudice".
Par ailleurs, le retrait de photographies ou d’enregistrements, ou d'informations d'ordre individuel peut être obtenu par les ayants-droit des personnes enquêtées, après envoi d’un courriel à l’adresse suivante: marie-barbara.le-gonidec[at]ehess.fr

2 - Par ailleurs quelques collections d’archives photographiques restent en attente de chargement dans l’entrepôt de données. De même, pour certains fichiers sonores, le lien avec la notice descriptive qui leur correspond n’a pas encore été établi, ce qui fait qu’elle reste, provisoirement, "muette". À d'autres endroits enfin, le fichier son n'est pas celui qui est annoncé par la notice. Il s’agit soit d'un décalage intervenu lors de la numérisation (début des années 2000), soit d’une erreur commise antérieurement lorsque l’enregistrement a été inscrit sur le registre d’inventaire du musée avec un numéro erroné. Il sera remédié progressivement et aussi rapidement que possible à ces lacunes ou discordances.

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